Montevergine Connection

Saintes, vierges et madones : 1001 visages de femmes dans les chants de tradition orale


Création et direction musicale Anna Andreotti,

Un voyage à la redécouverte de la femme dans son identité culturelle profonde avec comme vaisseau les  chants de la tradition orale italienne.

Avec Anna Andreotti (chant et accordéon), Roberto Graiff (chant), Angela Macciocchi (chant),Francesca Perugini (chant), Margherita Trefoloni (chant, guitare, tambourin).

Note d’intention

Un peu d’Histoire : « Siamo maschere millenarie !! » (« on est des masques millénaires !! »)

À Florence une place porte ce nom « Piazza della Passera » pour passera (féminin de moineaux), « la moinelle » on entends l’oiseau mais aussi le sexe de la femme. Deux légendes revendiquent l’origine de cette dénomination. 

1- On dit que sur cette placette du centre historique de la capitale Toscane, pas trop loin du Palais Pitti où résidait le Grand Duc de Toscane, il y avait une maison close très appréciée par celui-ci…

2- une autre légende raconte qu’à l’époque de la grande peste à Florence (1348) un garçon trouvant une petite moinelle blessée sur la place voulut la secourir et que cela fut le début de la  Grande Peste dans la ville….

Cette ‘Passera’  à qui  on attribue le nom d’une place, signe de grande importance, au même temps on la relègue à objet d’utilisation sexuelle ou à source de pires dangers, de mort !!!

Parallèlement autours de la question de la virginité ou non, de la fidélité ou non de l’être aimée tourne à peu près le 90 % du répertoire profane des chants de tradition orale et aussi une bonne partie du répertoire religieux . On l’appelle, fleur, œillet, guitare, moineau, hirondelle, lys, colombe….

J’ai décidé de voir qui étaient les héroïnes, les représentantes du gentil sexe les plus chantées.

Peu de reines et de princesses ont passé le casting…mais  Saintes, Vierges et simples femmes du peuple ont attirée mon attention pour leur courage ! Tout particulièrement je me suis intéressée à Cecilia, protagoniste d’innombrables chants narratifs tout au long de la péninsule.

Cecilia se sacrifie pour sauver son Peppino qui est en prison et se donne au Capitaine. Le Capitaine la traie et tue le prisonnier….L’histoire est ancienne, c’est l’abus de pouvoir mais aussi la perte de ‘dignité’ de la femme qui est doublement victime du Capitano et de Peppino qui lui demande de se sacrifier. Les solutions sont multiples dans la tradition mais jamais très gaies…

Les choix de Cecilia après la mort de Peppino souvent aspirent à la chasteté tout comme celles de nombreuses  Saintes qui, au pris de leur virginité, ont sauvé vies et villes…. mais aussi à la figure la plus importante de la religiosité populaire, la Vierge Marie. 

Le répertoire est musicalement merveilleux et trace une place pas facile à défendre pour la femme mais nous ouvre les portes vers d’autres symboles, d’autres figures  plus archaïques qui sont sûrement restée pour nous protéger depuis bien plus de temps que la naissance de Christ et la diffusion du Christianisme. Un chemin qui nous conduit de Era aux Parques, aux Sibylles, juste à Cecilia et l’Opéra avec Tosca…en passant par les 7 vierges du Vésuve et les Évangiles apocryphes !! 
Un questionnement d’envergure avec comme anges gardiens les poètes Carlo Levi et Pasolini témoins du changement radical qu’a provoqué l’industrialisation  dans la réalité culturelle des italiens. Une façon encore comme dans le premier spectacle « E più non canto » de nous questionner sur notre identité profonde ?